
Musique
Billie Holiday
& Ella Fitzgerald
Deux voix du jazz qui ont débuté à Harlem dans les années 1930 : Billie Holiday, qui a chanté Strange Fruit, et Ella Fitzgerald, reine du scat.
Biographie
Billie Holiday (1915-1959) et Ella Fitzgerald (1917-1996) ont débuté à Harlem au début des années 1930. On les présente ensemble parce que leurs carrières se sont croisées dès le départ, et parce qu’elles chantent le jazz de deux manières très différentes.
Le 16 janvier 1938, au Savoy Ballroom, l’orchestre de Count Basie, avec Holiday, affronte celui de Chick Webb, avec Fitzgerald. Les deux grands magazines de jazz ne désignent pas le même vainqueur ; le public, lui, vote pour Ella à trois contre un. Les deux chanteuses deviennent ensuite amies.
Holiday, surnommée Lady Day par le saxophoniste Lester Young, étire les phrases et joue avec le tempo comme le ferait un instrumentiste. En 1939, au Café Society, elle chante Strange Fruit, un poème d’Abel Meeropol sur les lynchages dans le Sud. Les serveurs font taire la salle, un seul projecteur éclaire son visage, puis tout s’éteint. Columbia refuse d’enregistrer la chanson ; c’est le petit label Commodore qui le fait.
Fitzgerald avait gagné, à 17 ans, un concours amateur à l’Apollo. Son A-Tisket, A-Tasket, une comptine qu’elle a coécrite, est l’un des disques les plus vendus de la décennie. Plus tard, avec le bebop, elle imite les cuivres avec sa voix : c’est le scat. À Berlin, en 1960, elle oublie les paroles de Mack the Knife et improvise la suite. Cette version lui vaut un Grammy.
Écoutez les deux à la suite : Strange Fruit, puis Mack the Knife sur Ella in Berlin.
À écouter
- Strange Fruit
- Lady Sings the Blues
- A-Tisket, A-Tasket
- Ella in Berlin